Baromètre territorial de l’évolution professionnelle – Vague 6

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09.10.26

  • Ifop Opinion
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La notoriété de Mon CEP revient au niveau observé en 2024 tandis que la connaissance des différents services qui y sont dispensés recule

Le service public d’aide à l’évolution professionnelle Mon Conseil en Evolution Professionnelle (Mon CEP) demeure connu par plus de 4 salariés sur 10 cette année (44%, dont 10% qui déclarent savoir précisément de quoi il s’agit) ; un score qui revient au niveau observé lors de la mesure réalisée en 2024, après une hausse épisodique en 2025.

Mais dans le détail, les différents services dispensés continuent d’être méconnus par la majorité des salariés déclarant connaître mon CEP par Avenir Actifs, et se révèlent cette année moins présents à l’esprit des répondants.

Si la formation (46%) et la valorisation des compétences ou de l’expérience (39%) arrivent toujours en tête à des niveaux stables par rapport aux deux précédentes mesures, les services liés à la possibilité de s’informer sur les opportunités (31%, -6pts vs 2025 et -3pts vs 2024), de changer de métier ou de secteur d’activité (30%, -4pts vs 2025 et -6pts vs 2024) ou d’évoluer en interne (30%, -4pts vs 2025 et -6pts vs 2024) s’érodent.

De manière encore plus significative, le fait de pouvoir prendre du recul sur sa situation professionnelle actuelle, de pouvoir trouver un nouvel emploi ne sont cités que par à peine 2 répondants sur 10 (21% tous deux ; des scores en recul de 5pts à 9pts par rapport aux précédentes mesures), tandis que la possibilité de se lancer dans l’entrepreneuriat (19%) et l’aide au dialogue avec son employeur (17%) demeurent peu connus et enregistrent eux-aussi une tendance à la baisse (-2pts à -3pts vs les précédentes mesures.

Si les deux tiers des salariés jugent leur activité professionnelle actuelle conforme aux attentes qu’ils avaient en début de carrière, le développement de l’intelligence artificielle vient déjà rebattre les cartes pour une certaine catégorie de salariés

En portant le regard sur leur activité professionnelle actuelle par rapport à ce qu’ils en attendaient en début de carrière, près des deux tiers des salariés interrogés (65%) déclarent que celle-ci correspond plutôt aux attentes qu’ils avaient alors. A l’inverse, plus de 2 sur 10 (22%) estiment qu’elle se situe actuellement en-dessous de leurs attentes d’origine, tandis qu’elle dépasse les attentes d’alors pour 13% des répondants. Si le delta observé entre ces deux dernières affirmations penche plutôt du côté de la déception, cette dernière est davantage marquée chez des profils de salariés pressentis comme plus fragilisés sur le marché du travail : les femmes sont significativement plus nombreuses à déclarer que leur activité professionnelle actuelle ne correspond pas aux attentes qu’elles avaient en début de carrière (26%, +4pts), tout comme les employés (28%, +6pts vs moyenne) ainsi que les salariés des services (25%) ou encore celles n’exerçant actuellement aucune responsabilité d’encadrement (27%, -5pts vs moyenne) ; ces catégories étant par ailleurs loin d’être exclusives entre elles, la grande majorité des employés étant en réalité des employées.

Par ailleurs, le développement de l’intelligence artificielle vient quelque peu rebattre les cartes pour une certaine catégorie de la population salariée.

En effet, si, par rapport aux enjeux actuels de transformation du monde du travail (IA, automatisation…), près d’1 salarié sur 2 se place dans une position attentiste (48%), ils se révèlent moins nombreux que lors de la précédente mesure réalisée en 2025, où ils étaient symboliquement majoritaires (-3pts). A l’inverse, plus d’un tiers des répondants se placent dans une posture d’anticipation (36%, +5pts vs 2025) tandis qu’1 salarié sur 6 déclare avoir déjà amorcé une évolution professionnelle (16%, -2pts).

Plus en détail, interrogés sur différentes affirmations relatives à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le cadre professionnel, force est de constater que les salariés prennent le train en marche : si la majorité d’entre eux (57%) la perçoive comme un véritable outil d’aide à la réalisation de leur travail, la politique des organisations en la matière influence les comportements et les pratiques professionnelles d’une part non-négligeable de salariés :

  • Plus de 4 salariés sur 10 se disent incités par leur organisation à utiliser l’IA dans le cadre de leur travail (41%)
  • Plus d’un tiers des salariés déclare avoir accès à des outils payants d’IA (35%) pour pouvoir optimiser leur travail, avoir été formés à l’utilisation de l’IA (36%) et disposer d’une charte IA formalisée par leur organisation (38%).
  • Et près de 3 salariés sur 10 déclarent être évalués sur leur utilisation de l’IA dans le cadre professionnel (29%).

Dans ce contexte, alors que plus de 4 salariés sur 10 déclarent avoir une vision claire de ce que va changer l’IA sur leur poste dans les prochains mois (44%), ils sont presque aussi nombreux à se sentir incités à réfléchir à leur parcours professionnel du fait du développement de ces usages (46%), voire à demander des conseils en évolution professionnelle à l’IA (42%).

Enfin, plus d’un quart des salariés (28%) estiment leur poste actuel directement menacé de disparition en raison du développement de l’IA d’ici à 2 ans, notamment les plus jeunes venant à peine de s’insérer sur le marché du travail.

A noter qu’ici à nouveau, les profils professionnellement fragilisés déjà évoqués plus haut (les femmes, les personnes n’exerçant pas de responsabilité d’encadrement, les catégories populaires – employés et ouvriers – ou encore les salariés de l’administration) sont significativement moins nombreux à déclarer avoir une vision claire des changements induits par l’IA sur leur poste.

A l’inverse, les plus jeunes travailleurs (moins de 30 ans) sont majoritaires à déclarer avoir cette vision claire de ce que l’IA va changer, mais sont aussi significativement plus nombreux qu’en moyenne à anticiper une disparition de leur poste à cause de l’IA d’ici deux ans (35%, +7 pts vs moyenne), et ainsi à anticiper une réflexion sur leur avenir professionnel.

Tandis que l’évolution professionnelle est toujours principalement associée au fait d’augmenter sa rémunération, le souhait d’évoluer à court terme reste bien ancré chez la majorité des salariés, qui bénéficient par ailleurs d’opportunités et d’échanges sur le sujet au sein de leur organisation

La définition de l’évolution professionnelle reste principalement associée au fait d’avoir un meilleur salaire (28%). Ce score enregistre par ailleurs une hausse significative par rapport à la précédente mesure (+5pts), et revient à un niveau qui n’avait pas été observé depuis 2021. En parallèle, l’évolution professionnelle demeure également associée de façon très minoritaire et dans des proportions stables au fait d’endosser de nouvelles responsabilités, à une meilleure reconnaissance de son travail, au fait de bénéficier d’un meilleur équilibre entre professionnelle et vie personnelle ou encore au fait de changer de statut (scores s’échelonnant de 11% à 14% de citations). Le fait d’acquérir une nouvelle qualification (11%) et de changer de métier (5%) s’inscrivent en recul par rapport à la précédente mesure et reviennent aux scores observés avant 2025.

Ensuite interrogés sur leurs propres perspectives d’évolution professionnelle au sein de leur environnement de travail actuel, la grande majorité des salariés témoignent d’un dialogue professionnel assez présent voire ouvert sur le sujet :

  • Plus de 7 salariés sur 10 déclarent avoir l’opportunité d’échanger avec leur responsable hiérarchique direct sur leur situation de travail (74%) et avoir bénéficié d’un entretien professionnel au cours des douze derniers mois (72%) ; cette dernière affirmation pourrait toutefois être interprétée avec précaution, les salariés ayant pu confondre l’entretien professionnel avec l’entretien d’évaluation, annuel et obligatoire.
  • Plus de 6 salariés sur 10 portent également un regard positif sur les opportunités d’évolution professionnelle qui leur sont donnés au sein de leur organisation, qu’il s’agisse d’opportunités délivrées directement par le responsable hiérarchique direct (62%) ou par l’organisation en général (63%)
  • 64% des salariés valorisent par ailleurs l’existence de parcours de mobilité interne au sein de leur organisation, et déclarent davantage échanger sur ce sujet de la mobilité interne et de la formation avec leur responsable hiérarchique direct (65%) qu’avec leur interlocuteur RH ou la direction de leur organisation (60%).

En revanche, seul un tiers des salariés affirment que leur organisation les a informés sur Mon CEP, et il s’agit par ailleurs de la seule affirmation testée ici recueillant une adhésion minoritaire.

Dans le détail, les hommes, les moins de 40 ans, les ouvriers, les salariés du secteur public, du BTP, ceux de la région Ile-de-France ou encore ceux exerçant des responsabilités d’encadrement se disent significativement plus informés qu’en moyenne sur Mon CEP.

Sur ce dernier élément de profil, il est également intéressant de souligner que le niveau d’information autour de Mon CEP augmente au fil des niveaux hiérarchiques, alors que, paradoxalement, les plus gradés constituent logiquement les salariés les plus compétitifs, disposant de clés de lecture plus fines et de compétences plus stratégiques pour évoluer et ayant ainsi davantage accès à des opportunités professionnelles que les autres salariés, sans avoir nécessairement besoin de recourir au service public.

En toile de fond, les salariés continuent d’être toujours aussi nombreux à envisager une évolution professionnelle d’ici à 2 ans.

Près de 8 salariés sur 10 semblent envisager une évolution professionnelle d’ici à 2 ans (à 6 mois, à un an ou à 2 ans). Il s’agit là d’un niveau stable par rapport à la dernière mesure, et qui consolide une tendance de plus en plus forte à l’évolution (78%, -1pt vs 2025, +4pts vs 2024 et +7pts vs 2023).

Dans le détail, plus de 7 sur 10 (73%, niveau stable vs 2025) envisagent en effet une évolution d’ici les deux prochaines années, dont 39% avec certitude (+3pts vs 2025), tandis que plus de la moitié envisagent ce changement dans un temps plus court (58% d’ici un an, +2pts vs 2025 et +5pts vs 2024, et 46% dans les 6 prochains mois, score identique à 2025 et +10pts vs 2023). 

Et par-delà le souhait d’évoluer, les conditions de réalisation de cette évolution professionnelle se stabilisent également cette année, en opérant une synthèse entre les tendances observées en 2025 et en 2024.

Ainsi, les salariés désireux d’évolution sont cette année plus nombreux à se réfugier dans un projet d’évolution au sein de leur secteur d’activité actuel, et tout aussi nombreux à privilégier une évolution interne, au sein de leur organisation actuelle, mais sans pour autant stopper la dynamique de reconversion professionnelle complète dans un autre secteur d’activité qui, elle, se consolide au fil des années. En parallèle, le projet entrepreneurial enregistre son plus bas niveau depuis le début de cette mesure en 2021 après une lente érosion.

Dans le détail, plus de 6 salariés concernés sur 10 déclarent avant tout souhaiter évoluer dans leur secteur d’activité actuel (un score en hausse de 5pts par rapport à 2025 mais qui revient au niveau observé en 2024), tandis que 2 sur 10 feraient toujours le choix cette année d’une reconversion dans un autre secteur (21%, score stable vs 2025, mais une hausse enregistrée de 5pts par rapport à 2024), et qu’un répondant sur 10 ou moins souhaiteraient se reconvertir sur une autre fonction au sein de leur secteur d’activité actuel (10%, en recul de 2 pts vs 2025, de 6pts vs 2023), ou encore créer son activité (5%, plus bas niveau depuis la première mesure en 2021) ou effectuer une mobilité régionale et trouver un autre emploi (2%).

En parallèle, ils sont tout aussi nombreux qu’en 2025 à souhaiter évoluer prioritairement au sein de leur organisation actuelle (59%, score stable), tandis qu’un tiers feraient toujours le choix d’un changement d’employeur (33%, score identique) et que moins d’1 répondant sur 10 préfèrerait quitter le salariat (8%, score stable).

Pour ceux qui privilégieraient une évolution interne à leur organisation actuelle, le confort de la situation de travail déjà connue et maîtrisée prime sur les opportunités externes. En effet, 47% justifient leur souhait d’évoluer d’abord en interne par le fait de déjà connaître l’environnement de travail et son fonctionnement, et 45% par la volonté de préserver leur équilibre actuel entre vie personnelle et vie professionnelle. Cet aspect qualitatif de conciliation des temps de vie constitue de surcroît la toute première raison citée (25%), avant même la connaissance de l’environnement de travail (23% de citations « en premier »), soulignant à nouveau l’importance du temps dans les aspirations des salariés et leur rapport au travail.

L’ambiance de travail, le souhait de reconnaissance en interne et la volonté de limiter les risques professionnels au regard de l’état du marché de l’emploi actuellement sont également des raisons citées par plus de 3 salariés sur 10.

En miroir, pour ceux qui privilégieraient une évolution en dehors de leur organisation actuelle, la possibilité d’augmenter le niveau de sa rémunération constitue de loin la première des motivations (47% de citations au total, dont 26% en premier). Sur le bas du podium, plus d’un tiers des salariés interrogés estiment ne pas disposer de perspectives en interne (36% de citations au total) ou souhaiteraient obtenir de meilleures conditions de travail qu’actuellement (33%). La recherche d’un meilleur management et d’une meilleure ambiance de travail sont également citées par plus de 2 salariés sur 10.

En cas de questionnement vis-à-vis de leur situation de travail, la grande majorité des salariés se tourneraient d’abord vers leurs proches et les ressources numériques, puis vers leurs interlocuteurs professionnels directs, tandis que certaines instances professionnelles perçues comme plus lointaines se retrouvent reléguées derrière l’usage de l’IA

En cas de questionnement vis-à-vis de sa situation de travail, la sphère personnelle, les proches (sphère amicale, familiale, sociale), constitueraient le principal « refuge » pour les trois quarts des salariés interrogés (74%), loin devant les ressources issues du milieu professionnel.

6 à 7 salariés sur 10 déclarent ensuite qu’ils pourraient également se tourner vers les ressources numériques, avec en premier lieu « Internet » au sens large (pour 72%), suivi de Mon CEP (63%), qui leur est désormais présent à l’esprit dans le cadre de cette enquête.

Par-delà ce top 3, les ressources issues du milieu professionnel direct – telles que les collègues, le manager, la Direction des Ressources Humaines –, sont citées par plus de la moitié des répondants.

Les ressources professionnelles plus indirectes ou perçues comme plus lointaines, moins accessibles, telles que le CSE de son organisation de travail, un organisme tel que France Travail, la médecine du travail ou encore les syndicats arrivent quant à eux en bas de classement, et ne seraient mobilisés que par une minorité de salariés (scores s’échelonnant entre 42% et 47%).

En revanche, il est à souligner que près d’1 salarié sur 2 (48%) pourraient recourir à l’intelligence artificielle en cas de questionnement sur sa situation de travail ; un usage qui serait davantage répandu chez les jeunes (55% des moins de 40 ans, soit la majorité),  les cadres (53%) et ceux exerçant des responsabilités d’encadrement (56%, notamment les cadres dirigeants, 66% ainsi que les managers intermédiaires, 57%).

 

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