Les attentes des Français et des enseignants à l’égard de l’Ecole

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12.10.26

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Les attentes des Français et des enseignants à l’égard de l’Ecole

Les attentes des Français et des enseignants à l’égard de l’École : quelle promesse pour 2035 ?

Quel objectif assigner à l’École après celui d’amener 80 % d’une classe d’âge au baccalauréat ? L’étude menée par l’Ifop pour Ecolhuma auprès du grand public et d’enseignants du primaire et du secondaire révèle un bilan contrasté de cette ambition historique. Si ses effets sur l’accès aux études sont reconnus, ils s’accompagnent de critiques sur la valeur du diplôme et le niveau de l’enseignement. Pour l’avenir, la maîtrise des savoirs fondamentaux apparaît comme une attente centrale, aux côtés de la justice scolaire et d’une orientation librement choisie.

Un bilan partagé de l’objectif des « 80 % au bac »

Seuls 41 % des Français estiment que cet objectif est aujourd’hui atteint, contre 76 % des enseignants interrogés. Une fois informés de son atteinte, 56 % des Français et 70 % des enseignants reconnaissent qu’il a permis à de nombreux jeunes issus de milieux modestes d’accéder au bac et aux études supérieures. Mais cette reconnaissance coexiste avec un regard critique : 64 % des Français et 78 % des enseignants considèrent qu’il a dévalorisé le baccalauréat et renforcé la compétition dans l’enseignement supérieur. Respectivement 58 % et 78 % jugent également cet objectif positif, tout en estimant qu’il a généré des attentes déçues.

Dans ce contexte, son remplacement par une nouvelle promesse adaptée aux enjeux actuels constitue l’option la plus citée, sans réunir de majorité absolue : 32 % des Français et 47 % des enseignants la privilégient. Une part significative préfère toutefois ne plus fixer de grande promesse nationale à l’École : 29 % du grand public et 35 % des enseignants.

Les savoirs fondamentaux au premier plan, la justice scolaire davantage portée par les enseignants

Parmi cinq nouvelles promesses proposées pour 2035, la maîtrise de la lecture, de l’écriture, des mathématiques et du raisonnement arrive en tête des premiers choix : 39 % des Français et 32 % des enseignants la retiennent en priorité. Au total des deux choix possibles, elle recueille respectivement 60 % et 51 % des citations.

Les enseignants accordent cependant une place presque équivalente à la justice scolaire, citée par 52 % d’entre eux, contre 40 % des Français. La perspective d’une qualification reconnue et d’une orientation réellement choisie rassemble, quant à elle, les deux publics : 44 % des Français et 43 % des enseignants la mentionnent.

La hiérarchie des attentes varie aussi selon les générations. Les savoirs fondamentaux sont cités en premier par 52 % des 65 ans et plus, contre 26 % des moins de 35 ans. Ces derniers répartissent davantage leurs attentes entre cette mission, la justice scolaire et la préparation au monde de demain.

Des ambitions confrontées à une confiance fragile

Les Français sont partagés sur la capacité actuelle de l’École à tenir, d’ici 2035, la promesse qu’ils privilégient : 42 % la jugent capable de le faire, contre 43 % d’un avis contraire. Le manque de moyens humains et financiers est l’obstacle le plus cité dans les deux publics, mais avec une intensité différente : 28 % des Français le mentionnent, contre 51 % des enseignants.

Enfin, les parcours personnels éclairent ces attentes. Si 83 % des enseignants déclarent avoir connu une orientation scolaire choisie, seuls 52 % des Français partagent ce sentiment, tandis que 36 % rapportent une orientation subie. Cette expérience scolaire plutôt positive des enseignants contraste avec leur situation professionnelle actuelle : 65 % estiment que leur poste est inférieur à ce à quoi leur niveau de diplôme ou de qualification leur permettait d’aspirer, en matière de rémunération, d’intérêt du travail et de responsabilités, contre 29 % des actifs occupés du grand public.

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