Une fierté et un attachement très largement partagés à l’égard du savoir-faire et de l’industrie française
Près de 9 Français sur 10 déclarent être fiers du savoir-faire industriel français (87%), dont 40% « tout à fait » fiers. Cet attachement se retrouve à l’égard du Made in France, auquel 87% des Français se disent attachés, ainsi que de l’industrie française elle-même (85%).
Cette appréciation positive se traduit également dans l’image associée à l’industrie française. Près de 8 Français sur 10 considèrent qu’elle fabrique des produits de qualité (79%), et plus des trois quarts estiment qu’elle fait partie du patrimoine français et qu’elle participe au rayonnement de la France à l’international (77% tous deux).
Par ailleurs, plus de 3 Français sur 4 considèrent que l’industrie constitue une fierté pour les régions (76%). La même proportion estime qu’elle propose des salaires plus élevés que dans d’autres secteurs d’activité. Enfin, 75% jugent qu’elle offre aujourd’hui un meilleur environnement de travail et des missions à plus forte valeur ajoutée, et autant qu’elle contribue à valoriser les savoir-faire.
Une industrie jugée déterminante pour l’avenir, la puissance et la souveraineté de la France
Au-delà de son image, l’industrie apparaît aux yeux des Français comme un élément structurant de la puissance du pays. Plus de 9 Français sur 10 estiment ainsi qu’elle joue un rôle important pour l’avenir de la France (92%), pour sa puissance (90%) et pour sa souveraineté et son indépendance (89%). Son rôle est également largement reconnu en matière de transition environnementale, 4 Français sur 5 le jugeant important sur cet enjeu (80%).
Dans le même registre, près de 9 Français sur 10 considèrent que développer l’industrie contribue à rendre la France plus forte (89%), dont 46% qui se déclarent « tout à fait » d’accord avec cette affirmation. Près des trois quarts des Français considèrent par ailleurs que la France reste une grande puissance industrielle (74%) et jugent que l’industrie est essentielle à la croissance de la France (73%).
Un constat de déclin largement partagé, associé à une forte inquiétude face à la désindustrialisation
Cette importance accordée à l’industrie coexiste avec un regard inquiet sur son évolution récente. Plus des trois quarts des Français considèrent que l’industrie française est en perte de vitesse par rapport à ses voisins européens (77%) et qu’elle a perdu de nombreux emplois au cours des dernières années, entraînant une hausse du chômage (76%).
Dans le même temps, 73% estiment que l’industrie a beaucoup décliné en France ces dernières années. La désindustrialisation suscite dans ce contexte une forte inquiétude : 88% des Français se disent inquiets à ce sujet, dont 38% « très inquiets ». Ce constat de déclin n’exclut toutefois pas une certaine confiance dans les perspectives du secteur : plus de 7 Français sur 10 considèrent que l’industrie française a un avenir (72%).
Une forte perception de la dépendance industrielle de la France et une attente de souveraineté
Plus de 8 Français sur 10 considèrent que la France est aujourd’hui trop dépendante de l’étranger pour ses activités industrielles stratégiques, notamment dans les domaines de la santé, de l’énergie, de la défense ou des transports (86%), dont 42% qui partagent « tout à fait » ce constat.
Parmi les secteurs jugés les plus importants pour assurer l’indépendance de la France, l’énergie arrive nettement en tête, citée par 62% des Français au total et par 29% en premier. Suivent la santé (47%, dont 16% en premier), l’agroalimentaire (45%, dont 15% en premier), puis la défense (39%, dont 14% en premier) et l’eau et l’environnement (32%) Les autres secteurs recueillent des niveaux de citation plus faibles : l’aéronautique est mentionnée par 18% des Français, l’électronique par 16%, les transports par 13%, la sidérurgie et les télécommunications par 8% chacune, et enfin le spatial et la chimie par 6% chacun.
Cette préoccupation se retrouve dans les attentes exprimées à l’égard de l’élection présidentielle : 83% des Français estiment que le renforcement de l’indépendance et de la souveraineté industrielles doit constituer une priorité pour les candidats, dont 36% « tout à fait ».
Des effets territoriaux du développement industriel très majoritairement reconnus, y compris en matière de nuisances
À l’échelle des territoires, les effets économiques du développement industriel sont largement reconnus. Plus de 8 Français sur 10 considèrent qu’il a un effet positif sur l’activité économique des territoires (83%).
Les Français lui attribuent également un effet favorable sur le développement d’autres industries sur le même territoire (82%), sur les services et les commerces (79%) et sur la création ou le renouvellement d’infrastructures locales (78%). Les créations d’emplois, qu’elles concernent directement l’industrie ou les commerces et services, sont citées par 77% des répondants, tout comme le renforcement de la cohésion sociale.
Plus des trois quarts des Français associent également le développement industriel à la transition énergétique de leur territoire (76%). Toutefois, parallèlement à ces effets positifs, 77% des Français considèrent que le développement industriel a également un effet sur la pollution et les nuisances.
Une réindustrialisation largement considérée comme prioritaire et des attentes centrées sur la formation, la simplification et la fiscalité
Si 74% des Français considèrent que les pouvoirs publics soutiennent aujourd’hui suffisamment l’industrie, cette appréciation coexiste avec une forte attente concernant la réindustrialisation du pays. Plus de 7 Français sur 10 estiment qu’elle doit constituer l’une des principales priorités des prochaines années (72%).
Dans le cadre plus spécifique de la campagne présidentielle, le consensus est encore plus large : 97% des Français considèrent que la réindustrialisation doit être une thématique importante pour les candidats. La majorité d’entre eux l’estiment même prioritaire (58%).
Interrogés sur les principaux obstacles à la réindustrialisation, les Français placent le coût du travail en première position (42% de citations au total, dont 27% en premier). Viennent ensuite la complexité des normes et des démarches administratives (38%, dont 17% en premier), les contraintes imposées par l’Union européenne (31%, dont 17% en premier), le manque de stabilité des politiques publiques (27%) et le manque d’investissements (26%). Le manque de main-d’œuvre qualifiée (14%) et les oppositions locales aux projets d’implantation d’usines (12%) sont moins fréquemment cités.
Enfin, les mesures les plus attendues de la part du prochain président de la République concernent en premier lieu la formation et l’orientation : près de 9 Français sur 10 sont favorables à un encouragement accru de l’accès des femmes aux métiers industriels (88%), au développement massif de l’apprentissage et à une orientation renforcée des jeunes vers les métiers scientifiques et technologiques (87% tous deux). Également, 86% souhaitent que les régions jouent un rôle plus important dans l’orientation professionnelle et la formation.
Les mesures de simplification réglementaire pour accélérer le redéveloppement des projets industriels, et d’allègement des contraintes fiscales recueillent elles aussi un soutien majoritaire : respectivement 82% et 79% des Français interrogés y sont favorables. Enfin, 71% se déclarent favorables à la possibilité de s’affranchir par la loi de certaines règles contraignantes encadrant l’industrie française (soit le niveau de soutien le moins élevé parmi les sept mesures testées).